OTTO BOCK, LA ROLLS DES PROTHESES?
En gros, ils m’ont dit ceci : « Papa, tu n’as plus ni mains, ni pieds, mais tu sais, on va te mettre des prothèses de jambe, et tu pourras à nouveau marcher. On te mettra des prothèses de main, et tu pourras à nouveau saisir des objets avec tes doigts. En plus, ces prothèses sont super belles, et criantes de vérité : elles ont des poils ( !), et on y voit des veines.
Ce jour-là, ils m’ont transmis leur enthousiasme, et remonté le moral, qui était plutôt au fond du gouffre.
Ils m’ont également parlé de différentes marques, citant notamment 0tto Bock comme étant « la Rolls des prothèses ».
A partir de ce moment là , j’ai attendu avec une grande impatience l’arrivée de mes prothèses.
Le jour où on m’a annoncé que j’aurai des prothèses Otto Bock, j’ai été super heureux.
J’ai donc été appareillé des pieds, puis des mains.
Pour les pieds: Quel bonheur extrême d’être à nouveau debout après des mois passés assis ou couché, puis de pouvoir à nouveau marcher: 1 mètre, puis 10, 100, et puis des kilomètres…
La progression a été constante en 2002. Elle a été stoppée en janvier 2003, avec l’accident automobile, où j’ai eu quelques côtes et les fémurs cassés. Retour à la case départ : Hôpital, puis Centre Clémenceau de Strasbourg, avec immobilisation de plusieurs mois, puis ré apprentissage de la marche. Actuellement, je suis équipé de pieds à restitution d’énergie (Sure-flex de OSSUR).
Pour les mains: L’apprentissage de l’utilisation de prothèses myoélectriques s’est effectué sur ordinateur (capteur sur les avants-bras et mains virtuelles sur écran). Le jour où on m’a équipé des prothèses myoélectriques, j’ai su les utiliser de suite, grâce à cet apprentissage.
Très vite, elles se sont déréglées, avec impossibilité pour le prothésiste (privé) de les réparer, faute de formation, voire même de simple information (absence de livret d’entretien/réparation). Il fallait donc les envoyer à Paris, avec des délais de retour insupportables (des semaines et des semaines). Ceci m’a amené à demander une paire de prothèses de rechange, ce que j’ai finalement obtenu. Au fil du temps, j’ai fait procéder à différentes modifications: option pour piles grand format, pose d’interrupteurs d’abord simples, puis à 3 positions.
J'ai à plusieurs reprises été au Centre de Gondreville (près de Nancy), où j'ai rencontrés des personnes (médecin, prothésistes) plus que charmantes, compétentes et très serviables. Un jour, ils m'ont dépanné sous 24 heures, en m'envoyant une main de rechange; le Médecin Conseil m'avait proposé de me faire mettre en arrêt de travail, tout le temps que durerait la réparation!
Actuellement, j’ai une main gauche en réparation (depuis 5 ou 6 semaines), et celle de remplacement ne fonctionne qu’à moitié.
Elle est certes de pointe, avec un inconvénient souvent associé: la fragilité: pannes fréquentes, usure précoce des pièces, y compris des gants (déchirures, taches persistantes).
Sont du niveau de ROLLS ROYCE : 12 000€ une main, 500 pour une pile, 500 pour un gant (combien de gants MAPPA pour cette somme?). Et le prothésiste qui ne fait souvent que l’intermédiaire touche, paraît-il 30% ! Qui qui paye tout ça ? La Sécu, c’est-à-dire nous!
La qualité est nulle au niveau des délais d’intervention. Que dire des réparations à répétitions, à chaque fois facturées à la Sécu, sans tenir compte de la garantie qui devrait être mise en jeu?